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Brussel – Avant-première van de Griekse film «The Godmother» van Stélios Koúloglou

14 jun 2015

BRUSSEL 14 juni 17u Avant-première van
avantpremiere

en avant-première

DIMANCHE 14 JUIN

À 17 HEURES

AU BOTANIQUE

projection du film

LA MARRAINE

(«The Godmother») de

Stélios Koúloglou

 

Imprimé sur fond bleu, couleur de l’Europe, un titre énorme barre la première page du journal Bild : «Non ! Pas de milliards supplémentaires pour les Grecs avides !»… Une offensive conçue pour entretenir la notoriété du premier quotidien allemand et pour peser dans le débat public. Car le lendemain, les députés du Bundestag doivent se prononcer sur le déblocage d’une nouvelle «aide» de l’Union européenne à Athènes, ou plutôt à ses créanciers.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble appellera donc, en ces termes, les élus à approuver une extension des crédits à allouer à la Grèce : «La base [de l’accord de prolongation de l’aide] que je soumets à l’Assemblée, c’est l’engagement du gouvernement grec à vouloir se conformer au programme de réformes structurelles sans aucune réserve, sans aucune limite. Il faudra en rester là». «A Athènes siège un gouvernement d’irresponsables»…

En Allemagne, le tabloïd le plus vendu d’Europe –2,2 millions d’exemplaires chaque jour– ne se distingue pas seulement par la tonitruance de ses faits divers ou les mensurations de ses pin-up. Il fournit aussi un prêt-à-porter idéologique en fil de fer : l’Allemand qui travaille dur, économise son argent et vote CDU d’un côté, le reste du monde de l’autre –surtout s’il est de gauche et étranger. Au gré des vents, la figure de l’ennemi peut être incarnée indifféremment par le communiste, le pacifiste, le terroriste, l’Arabe, ou le Russe… Mais aucune catégorie n’a cependant fait l’objet, ces cinq dernières années, d’une attention aussi soutenue que les Grecs. Dans la mise en scène perpétrée par Bild, ces derniers forment un bloc homogène de «fainéants» et de «tricheurs» qui mettent en péril quelque chose de plus sacré encore que l’ordre ou la sécurité : la poche du contribuable et la stabilité de la monnaie. Les «unes» du Bild sont, de la sorte, de plus en plus ordurières : «La crise, la faute à qui ? A la Grèce !»; «Comment les Grecs s’y prennent pour gaspiller nos beaux euros… Regardez ce qu’ils se permettent»; «Pas un sou pour la Grèce !» ; «C’est de leur faute !»; «Ils n’ont pas besoin de notre aide !» ; «Le Grec nous mendie nos milliards !»; «Qui peut encore croire les Grecs ?»; «Ne nous prenez pas pour des idiots !»; «Sauvez l’euro !» ; «Sans l’euro rien ne va plus»… La liste est longue et peu digeste qui mène des «retraités de luxe» et des «buveurs d’ouzo» –fustigés en 2010– aux «Grecs gloutons» d’aujourd’hui. Difficile d’imaginer que pareil matraquage, asséné par un journal qui est lu par dix millions de germanophones et dont le site internet a vu son audience exploser (17,8 millions de visiteurs uniques le mois dernier), ne produise aucun effet.

Ainsi le 27 mars, le président de la Bundesbank, a posé ses exigences. Pour Jens Weidmann, il faut désormais qu’on arrête de simuler la noyade et qu’on noie la Grèce pour de bon. Pour Weidmann «si un État membre de la zone euro décide de ne plus remplir ses obligations, alors une faillite désordonnée est inévitable». Le social-démocrate, Sigmar Gabriel, vice-Chancelier de Merkel, va dans le même sens, estimant que seule la capitulation de Tsipras serait acceptée par le gouvernement de droite et du PS d’Allemagne. Du coup, la presse européiste, à l’unisson, titre fièrement : «l’Allemagne impose sa loi». Et les médias germains n’arrêtent plus d’adresser des «Danke ! Herr Schäuble», comme seuls les larbins savent le faire.

Excellemment documenté et précis, «The Godmother» est un reportage saisissant qui vient à son heure. Pour ceux qui en douteraient encore, il administre la preuve que l’Europe n’a jamais été l’espace d’«une démocratie libérale formellement égalitaire». Mais que l’Union européenne a été construite pour devenir un monde austéritaire, inégal, sadomasochiste, qu’il faut appeler par son nom allemand : Europa.

Pour le public francophone

La projection débutera à 17 heures puis sera suivie d’un débat avec le réalisateur.
A 19 heures 30: verre de l’amitié

Pour le public grec
La séance débutera à 20 heures puis sera suivie d’un débat avec le réalisateur.
Final : verre de l’amitié

cette initiative et coorganisée par

SyrizaBelgique, VEGA, AttacBruxelles [1] et Libération Films


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